Buchenwald

 

«  Le grincement des freins se mêla à une clameur confuse, mélange d’aboiements féroces et d’ordres jetés en allemand. La porte du wagon s’ouvrit sur un groupe de soldats. Trois d’entre eux tenaient en laisse des chiens loups, la gueule écumante, qui bondissaient vers les nouveaux arrivants.

  • RAUS ! RAUS !

Le premier rang de prisonniers s’avança prudemment. Dans une pluie de craquements, les crosses et les bâtons s’abattirent sur les têtes, les épaules, sur les mains levées en signe de protestation. Les chiens étaient lâchés sur ceux qui ne parvenaient pas à se relever.

  • RAUS !

Au fur et à mesure que les prisonniers sortaient du wagon, les morts tombaient sur le quai comme des poupées de chiffon. Leurs dépouilles étaient écrasées par ceux qui, fuyant les coups, essayaient de survivre.

La matraque n’atteignit Erich qu’à l’épaule et au genou ; il échappa aux chiens et rejoignit en courant la file d’attente. » Block 46.

 

Depuis plusieurs années, je ressentais le besoin d’aller fouiller un pan de mon histoire familiale, celui de la déportation de mon grand-père à Buchenwald. Un besoin d’exhumer des bribes de récits, de retrouver ses cauchemars de déporté, rassembler les souvenirs racontés par mon père ; me les approprier pour mieux les ressusciter.

Block 46 m’en a donné la possibilité. Lors de mes recherches, j’ai découvert une réalité bien plus atroce, barbare et sanguinaire que celle qui m’avait été racontée. Une réalité que j’ai essayé de retranscrire dans mon roman, à travers l’histoire d’Erich Ebner.


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