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Johana Gustawsson

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Née en 1978 à Marseille et diplômée de Sciences Politiques, Johana Gustawsson a été journaliste pour la télévision et la presse françaises. Elle vit aujourd’hui à Londres, en Angleterre.
Vous êtes d’origine marseillaise, pourquoi écrire sur Londres et la Suède ?
Ces lieux me définissent en tant que femme et écrivaine : je ne suis plus seulement Marseillaise et Française, je suis aussi Londonienne, et Suédoise en herbe ! Je suis arrivée en Angleterre en 2009, après sept années à Paris. À l’époque j’étais journaliste et je pigeais pour des magazines hexagonaux. Je me suis immédiatement sentie chez moi dans cette Londres aux villages disparates pavés d’Histoire, de grands parcs et de pubs séculaires, le tout arrosé d’un bouillon de culture aussi cosmopolite que stimulant. Hampstead est mon quartier préféré. C’est un havre de paix qui sent Miss Marple à plein nez. Quant à la Suède, c’est mon mari qui a apporté la touche scandinave dans notre famille. Il m’a initiée à la beauté sauvage de la côte ouest, au folklore nordique et aux divines chokladbollar !
Qui vous a mis sur la piste des romans policiers ?
Ce sont mes parents. Je viens d’une famille bibliophile. Mon père construisait une bibliothèque après l’autre pour accueillir la collection familiale, enrichie par des virées régulières chez les bouquinistes. Mon père est un inconditionnel de romans policiers, avec une préférence pour Simenon et Exbrayat, mais c’est ma mère qui m’a initiée au genre. L’écrivaine niçoise Nicole Ciravégna assurait que lire la prose d’Agatha Christie était un excellent entraînement pour des lecteurs débutants. Ma mère m’a ainsi mis entre les mains La Mystérieuse affaire de Styles lorsque j’avais sept ans, et je suis tombée follement amoureuse d’un certain moustachu à la tête en forme d’œuf ! Le plaisir de lire m’a ensuite donné envie de « taquiner de la plume », comme disait mon grand-père. J’ai commencé en tant que journaliste pour la presse magazine, ce qui m’a amenée à écrire la biographie de la comédienne Laetitia Milot. Notre collaboration a débouché sur un second livre, On se retrouvera, un thriller cette fois. Grâce à ce roman, j’ai rencontré Lilas Seewald, mon éditrice. C’est elle qui m’a guidée sur le chemin de Block 46.
Comment vous est venue l’idée de Block 46 ?
Block 46 est le point de rencontre d’envies et de besoins qui bouillonnaient en moi depuis longtemps. Je ressentais le besoin d’exhumer les années de déportation de mon grand-père au camp de concentration de Buchenwald. Peut-être un besoin de réparation, ou celui de tisser un lien que je n’avais pas pu tisser de son vivant… Je désirais aussi m’immiscer dans la tête d’un tueur en série et dans celle d’un profileur, les accompagner dans leur chasse à l’homme, décrypter les pulsions assassines de l’un et la propension à investiguer de l’autre. Il me tenait enfin à cœur de créer un duo d’enquêtrices. Deux femmes qui, chacune à sa manière, par la plume ou la psychologie, se nourrissent des serial killers qu’elles traquent.
Quand et comment travaillez-vous ? Avez-vous une routine d’écriture ?
J’écris autant que je le peux, aussi souvent que possible ; même en vacances, au grand dam de mon mari, de ma famille et de mes amis ! Mais l’écriture proprement dite n’est, dans mon cas, que la phase finale dans la construction du livre, et de loin la plus ardue. Je commence à penser à un prochain roman lorsque j’aborde les corrections du précédent. Dès que je me suis mise d’accord avec moi-même sur le sujet (ne croyez pas que ce soit facile !), j’entame les recherches. Je rechausse mes baskets de journaliste et je lis, souligne, surligne, prend des notes et réalise des index thématiques pour retrouver facilement le fruit de ces recherches lors de l’écriture. Je contacte également des experts dans le domaine et les harcèle avec mes questions de profane. Pour Block 46, j’ai eu la chance de rencontrer des professionnels hors pair (et dotés d’une extrême patience), comme les profileurs Lee Rainbow et Carl Sesely, le technicien de scène de crime Lars-Åke Nordh ou encore l'experte en médecine légale Sonya Baylis. Tout en progressant dans mes enquêtes, je crée ce que j’appelle le « squelette », un plan détaillé du livre. Vient ensuite l’écriture selon une routine militaire ! Je suis en tête à tête avec mon ordinateur de 9 h à 18 h et de 21 h à 23 h. Je suis incapable de travailler dans des cafés : j’aime le silence de mon bureau avec mon thermos à proximité. En période de rush, un de mes tiroirs devient même un garde-manger « é-qui-li-bré », pour m’éviter des allers retours trop fréquents à la cuisine avec le risque de préférer un sandwich au fromage à une pomme !
Quelles sont vos lectures ? 
Mon rapport à la lecture est assez obsessionnel : je ne peux pas m’endormir sans quelques pages d’un roman policier et j’ai le besoin impérieux de lire chaque jour, quelle que soit ma fatigue ou les nuits blanches causées par mon bout de chou… je lis donc plusieurs livres à la fois. En ce moment j’ai sur ma table de chevet un polar de Jussi Adler Olsen, un bouquin de Peter Vronsky sur les serial killers, un livre sur la discipline positive pour l’éducation de mon fiston et un sur les procès des « sorcières » de Salem. Quant aux Agatha Christie, je les ai tous lus et je les relis pour le plaisir de temps à autre !
Quelles ont été vos sources d’inspiration pour Emily Roy et Alexis Castells, votre duo d’enquêtrices ?
Emily et Alexis sont un patchwork de rencontres et d’impressions glanées en toutes circonstances : une façon de parler, un regard, une démarche, empruntés à un ami ou à une personne croisée dans la rue. J’ai toujours un carnet et un stylo dans mon sac pour noter ces graines d’inspiration récoltées un peu partout. Mais je mentirais si je n’ajoutais pas qu’Emily et Alexis sont aussi, chacune à leur façon, une version fantasmée de moi-même…
Retrouvera-t-on Emily Roy et Alexis Castells dans votre prochain livre ?
Je leur ai posé la même question !
Et pour les mots de la fin : un mot que vous détestez ?
Impossible.
Un mot préféré ?
« Mama », dans la bouche de mon fils.
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